Alexandre Dumas

Biographie
Alexandre Dumas
Alexandre Dumas

Écrivain français, Alexandre Dumas (père) est né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts (Aisne).

Son père, le général de division Thomas-Alexandre Davy de la Pailleterie, dit Dumas, qui s’est illustré pendant les campagnes de la République mais que l’Empire a mis en disgrâce, meurt en 1806 et la famille Dumas ne dispose plus que de maigres ressources.

Après quelques années d’études fort négligées, surtout dans le domaine des humanités, le jeune Alexandre est contraint de gagner sa vie. Il devient clerc d’avoué à Villers-Cotterêts, puis à Crépy-en-Valois. En 1823, à l’âge de vingt ans, il décide d’aller tenter sa chance à Paris où il arrive muni d’une lettre de recommandation pour le général Foy, qui est alors l’un des chefs de l’opposition. Cette protection et sa belle écriture lui valent d’être embauché en qualité d’expéditionnaire dans les bureaux de la chancellerie du duc d’Orléans.

Mais, dès cette époque, il ne rêve que de conquérir la gloire littéraire. Son existence étant désormais à peu près assurée, il décide de reprendre complètement son instruction, en autodidacte. Il commence aussi à faire éditer quelques poèmes et nouvelles. À partir de 1825, il donne des vaudevilles aux théâtres du Boulevard. Ses véritables débuts datent cependant de son drame Henri III et sa cour (1829), dont l’immense succès, précédant celui d’Hernani de Victor Hugo, annonce le triomphe prochain de la jeune génération littéraire romantique.

Dumas, qui dès 1823 sent quel inépuisable réservoir de sujets dramatiques peut être l’histoire nationale, est incontestablement le pionnier de cette révolution théâtrale. Avec une série de drames donnés au Théâtre-Français, à l’Odéon, etc., parmi lesquels Antony (1831), Charles VII (1831), La Tour de Nesle, (en collaboration, 1832), Catherine Howard (1834), Don Juan de Marana ou la Chute d’un ange (1836), Kean ou Désordre et génie (1836), et avec les adaptations scéniques qu’il donnera plus tard de ses romans, il est d’ailleurs le seul des grands romantiques à connaître une gloire théâtrale capable de rivaliser avec celle de Scribe, par exemple.

Homme de théâtre avant tout, il le reste en devenant romancier. Il garde le goût de la mise en scène et des coups de théâtre. Du passé, il ne retient toujours que les grandes actions et les grands hommes, riches en couleurs. Autodidacte, sa formation l’a préservé de ce scepticisme et de ce relativisme qui accompagnent toute culture profonde. L’histoire n’est pas pour lui un objet de science, ou de simple curiosité, mais une source d’exaltation. Aussi, dans le passé, est-ce uniquement le démesuré et l’exceptionnel qu’il retient et utilise.

Sans doute, dans ses quelque quatre-vingts romans — romans signés, mais non pas intégralement écrits par lui, car la part de Maquet, jeune professeur du lycée Charlemagne, avec lequel Dumas collabore de 1839 à 1851, est importante — y a-t-il un énorme déchet. On ne lit plus guère ceux de la première période, Le Capitaine Paul (1838), Les Aventures de John Davis (1840), Le Chevalier d’Harmenthal (1843), Georges (1843), Amaury (1844), œuvres de petites dimensions comparées aux trilogies des «mousquetaires» — Les Trois Mousquetaires (1844), Vingt ans après (1845), Le Vicomte de Bragelonne ( 1848) — et des guerres de religion — La Reine Margot (1845), La Dame de Montsoreau, Les Quarante-Cinq — ou au Comte de Monte-Cristo (1845), qui demeurent les chapitres d’une véritable mythologie allègre, truculente, virile, humoristique, héroïque, dont l’influence sur les foules de lecteurs est incommensurable.

La prodigieuse vitalité de Dumas le pousse d’ailleurs à toucher à tous les genres. Il écrit les œuvres historiques: Gaule et France (1832), Jeanne d’Arc ( 1842), Louis XIV et son siècle, etc., qui ne méritent plus, il est vrai, que d’être citées pour mémoire. Mais la série de ses Impressions de voyage (1835-59) à travers l’Europe font de lui le premier maître du grand reportage.

Naturellement, la politique le tente. En 1830, il fait le coup de feu avec les insurgés, court à Boissons où, revolver au poing, il s’empare d’une poudrière, part en mission en Vendée et y organise une garde nationale pour résister à une éventuelle chouannerie, est élu capitaine de la garde nationale parisienne, mais se brouille avec Louis-Philippe (qui l’avait pris pour bibliothécaire au lendemain du succès d’Henri III et sa cour), fait scandale aux Tuileries, refuse de prêter serment au nouveau régime et, finalement, revient à la littérature pendant toute la période de la monarchie de juillet.

En 1851, après avoir été en mars et en juin 1848 deux fois candidat malheureux aux élections dans l’Yonne et en Seine-et-Oise, il s’exile en Belgique. Mais c’est moins Louis-Napoléon qu’il fuit que ses créanciers. Cinq ans plus tôt, en effet, après l’énorme succès remporté par une adaptation des Trois Mousquetaires, Dumas — tout en donnant encore des œuvres originales telles que Les Demoiselles de Saint-Cyr (1843) et Catilina (en collaboration, 1848) — avait décidé de refondre pour la scène la plupart de ses romans et, pour les jouer, de bâtir son propre théâtre, le Théâtre historique, dont la construction a coûté une somme fabuleuse. On y représente La Reine Margot (1847), Monte-Cristo (1848), La Jeunesse des mousquetaires, Ma guerre des femmes (1849), etc. L’enthousiasme du public ne permit pas cependant de faire face aux dépenses énormes de l’établissement et, en 1851, cette aventure tourne au désastre financier au point que Dumas, désormais incapable de lui payer ses mensualités, se voit contraint de congédier Maquet, son «nègre».

En Belgique, il écrit ses tintamarresques et passionnants Mémoires et les derniers volumes des Mémoires d’un médecin: Ange Pitou (1851 ) ainsi que La Comtesse de Charny (1852), qui font suite à Joseph Balsamo (1846) et au Collier de la Reine (1849).

Rentré en France en 1853, il fonde au mois de novembre Le Mousquetaire, quotidien qui a d’emblée un grand tirage pour l’époque — il y publie l’Iliade en roman-feuilleton — et devient en 1857 Le Monte-Cristo, hebdomadaire «publié et rédigé par M. Alexandre Dumas seul».

Mais ses démêlés avec la censure de Napoléon III poussent Dumas à courir une nouvelle aventure. En 1860, il rejoint l’expédition de Giuseppe Garibaldi en Sicile, se lance pour le compte du révolutionnaire italien dans un trafic de contrebande d’armes, puis séjourne pendant quatre années à Naples, où Garibaldi l’a nommé conservateur du musée. Devenu insupportable aux Napolitains qui le considèrent comme un vulgaire profiteur, il revient à Paris.

Dès lors, toutes ses nouvelles tentatives journalistiques avortent ou végètent. Alexandre Dumas, qui, selon ses propres estimations, avait gagné durant sa vie dix-huit millions de francs-or, qui avait ébloui Paris par ses réceptions fastueuses et parcouru l’Europe en menant le train d’un grand seigneur d’Ancien Régime, qui s’était fait bâtir un château et un théâtre personnel, ne peut passer les dernières années de sa vie qu’à la charge de son fils et de sa fille, Mme Petel. Il laisse non pas 1200 volumes comme il s’en vante, mais tout de même plus de 300, et une multitude d’articles.

Alexandre Dumas est mort à Puys (près de Dieppe, Seine-Maritime) le 5 décembre 1870, à l’âge de 68 ans.

Les histoires de la littérature le maltraitent, mais il reste, avec Honoré de Balzac et Victor Hugo, le plus lu des romantiques. Il n’a pas de style, c’est vrai, mais ce colosse de la littérature avait le don de la vie. En dépit de leur inconsistance psychologique, ses personnages sont inoubliables. Peut-être ne faut-il pas juger Dumas selon les mesures valables pour les autres écrivains: c’est un créateur de légendes, comme la France n’en avait plus eu depuis les chansons de geste.

Michel Mourre,

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Paris, samedi 18 mai 2024