Remy de Gourmont

Biographie

Remy de Gourmont
Remy de Gourmont

Écrivain français, Remy de Gourmont est né à Bazoches-au-Houlme (Orne) le 4 avril 1858.

D'une famille de gentilshommes et de maîtres imprimeurs du XVIe siècle, il fait ses études au lycée de Coutances de 1868 à 1876, puis suit ensuite les cours de droit de la faculté de Caen.

Il s'installe à Paris en 1881 pour travailler à la Bibliothèque nationale et commence à collaborer à plusieurs périodiques catholiques. Il publie quelques ouvrages de vulgarisation historique et en 1886 un premier roman, Merlette, qui passe inaperçu.

En 1890, il co-fonde avec Alfred Vallette, Louis Dumur, Ernest Raynaud, Jules Renard et Albert Samain la revue Le Mercure de France, à laquelle il collaborera jusqu'à sa mort.

Il rencontre Berthe de Courrière, qui lui commande une étude sur le sculpteur Auguste Clésinger. Devenue sa maîtresse, il s'installe chez elle, 71 rue des Saints-Pères, où il vivra jusqu'en 1915. Berthe de Courrière lui inspire un roman, Sixtine (dédié à son ami Villiers de l'Isle-Adam, 1890), et des lettres d'amour passionnées qui seront publiées à titre posthume sous le titre Lettres à Sixtine (1921).

À la même époque, il se lie d'amitié avec Joris-Karl Huysmans, à qui il dédie le Latin mystique (1892), et fréquente régulièrement le salon de Stéphane Mallarmé.

En 1891, Remy de Gourmont doit démissionner de la Bibliothèque nationale après avoir écrit un article jugé scandaleux sur le «Joujou patriotisme». Publié dans Le Mercure de France, l'article polémique affirme que les affinités artistiques et culturelles entre la France et l'Allemagne sont contrariées par les passions nationalistes. Malgré son discrédit dans la grande presse parisienne, Octave Mirbeau parvient à le faire entrer au Journal.

D'octobre 1894 à décembre 1896, il dirige et imprime sur sa propre presse une revue littéraire illustrée, L'Ymagier, co-fondée avec Alfred Jarry.

Atteint dès sa vingt-sixième année d'un lupus au visage qui le défigure et le fait souffrir physiquement et psychologiquement, Remy de Gourmont est réduit à se cacher chez lui jusqu'à la fin de ses jours.

Homme de goût, curieux de tout et fort enclin à l'érotisme, il produit une oeuvre abondante comme poète, romancier et même dramaturge. Sa production poétique comprend Hiéroglyphes (1894), Les Oraisons mauvaises (1900), Simone (1901), Les Divertissements (1912). Parmi ses romans, il convient de citer entre autres Merlette (1886), Sixtine (1890), D'un pays lointain (1898), Une nuit au Luxembourg (1906), Un cœur virginal (1907) et Le Vase magique (posthume, 1923). Son théâtre comprend: Lilith (1892), Théôdat (1893), Le Vieux Roi (1897), L'Ombre d'une femme (posthume, 1923). Mentionnons aussi les Lettres d'un satyre (1913), les Lettres à l'Amazone (1914) et les Lettres à Sixtine (posthume, 1921). Il y faut ajouter ce qu'on peut appeler sa contribution au symbolisme: Les Proses moroses (1894), Histoires magiques (1894), Le Pèlerin du silence (1896) et enfin Le Livre des masques (trente portraits d'écrivains de l'époque, 1896-1898, accompagnés de portraits dessinnés par Félix Vallotton). Mais Gourmont demeure avant tout un admirable essayiste avec: Le Latin mystique (1892), L'Esthétique de la langue française (1899), La Cultures des idées (1900), Le Problème du style (1902), Le Chemin de velours, nouvelles dissociations d'idées (1902), La Physique de l'amour (1903), Promenades littéraires (1904-1913), Promenades philosophiques (1905), etc.

Disciple d'Épicure, de Pierre Bayle et d'Ernest Renan, Gourmont ne croit guère qu'aux vérités partielles. Son pessimisme, comme son goût pour l'anarchie, l'incite toujours à prendre l'idée par le biais le plus singulier. Il laisse souvent son érudition s'égarer dans le détail. On lui doit néanmoins bon nombre de découvertes dans le domaine de la critique, notamment du groupe symboliste, comme dans celui de l'esthétique.

Remy de Gourmont est mort à Paris le 17 septembre 1915, à l'âge de 57 ans.

Roland Purnal,
gmtime

Remy de Gourmont
  1. Remy de Gourmont Le Livre des Masques
 
 

       
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Paris, dimanche 26 septembre 2021