Rachilde

Biographie
Rachilde
Rachilde

Écrivaine française, Rachilde – pseudonyme de Mme Alfred Vallette, née Marguerite Eymery –, est née au Cros, près de Périgueux (Dordogne), le 11 février 1860. Son père, officier de carrière, aurait voulu avoir un fils. Marguerite étant restée fille unique, il l’élève en garçon. Sa mère, dépressive qui finira ses jours à l’asile psychiatrique de Charenton, est la fille d’un rédacteur en chef du Courrier du Nord.

Enfant, sa plus grande joie est d’écrire. À dix-sept ans elle débute dans les lettres en envoyant à L’Écho de la Dordogne sa première œuvre, une légende: La Création de l’oiseau-mouche (1877). Cet essai est suivi de deux nouvelles publiées sous le pseudonyme de Rachilde, Fidelium et Madame de Sangdieu (1878).

Adepte du spiritisme, Rachilde puise ses sujets, et jusqu’à son pseudonyme, dans les «communications» de la table tournante. Elle passe deux ans au couvent puis monte à Paris à l’âge de 18 ans.

Son premier roman, La Dame des bois (1880), est publié en feuilleton dans le journal L’École des femmes. Puis, encouragée par un mot bienveillant de Victor Hugo, elle obtient une préface d’Arsène Houssaye pour son Monsieur de la Nouveauté (1880).

Lesbienne intéressée par les questions d’identité sexuelle et d’inversion, elle s’habille et se coiffe à la garçonne et fait imprimer ses cartes de visite au nom de «Rachilde, homme de lettres». Son roman Monsieur Vénus, qui raconte la liaison amoureuse d’une aristocrate excentrique et dominatrice, censuré en France mais publié en Belgique en 1884, fait scandale. Le livre lui vaut des poursuites par la justice belge tout en lui apportant la célébrité. En 1889, elle obtient une préface de Maurice Barrès pour la deuxième édition du roman qu’il estime être un chef-d’œuvre. La préfecture de police de Paris lui accorde une permission officielle de travestissement.

Après Monsieur Vénus, elle publie d’autres romans plus ou moins sulfureux: Nono (1885), La Virginité de Diane (1886), La Marquise de Sade (1887), Madame Adonis (1888), etc.

Après plusieurs aventures amoureuses, notamment avec Gisèle d’Estoc, elle épouse en 1889 le critique et chroniqueur littéraire Alfred Vallette avec qui elle aura une fille. Elle fonde avec son mari une revue, Le Mercure de France, dont le premier numéro voit le jour le 1er janvier 1890. Elle tient dès lors salon dans les bureaux de la revue, d’abord rue de l’Échaudé puis rue de Condé, où elle reçoit entre autres écrivains Jules Renard, Paul Verlaine, Victor Margueritte, Francis Carco, Maurice Barrès, Alfred Jarry, Léon Bloy, André Gide, Pierre Louÿs, Émile Verhaeren, Natalie Clifford Barney, Guillaume Apollinaire, Remy de Gourmont, Joris-Karl Huysmans, Stéphane Mallarmé, Jean Lorrain ou encore Oscar Wilde.

Outre une collaboration constante au Mercure de France, elle publie beaucoup: en moyenne un livre par an. Signalons entre autres un recueil de contes et nouvelles paru sous le titre Le Démon de l’absurde (1894); La Princesse des ténèbres, roman publié en 1896 sous le pseudonyme de Jean de Childra; un roman de mœurs, Les Hors nature (1897); La Tour d’amour (1899); La Jongleuse (1900); Le Meneur de louves (1905), entre autres.

Parmi ses dernières œuvres on doit signaler La Découverte de l’Amérique (1919); La Haine amoureuse (1924); les essais Alfred Jarry ou le Surmâle des lettres (1928) et Portraits d’hommes (1930); un recueil de poésies, Les Accords perdus (1937), et ses derniers romans, en partie autobiographiques, Face à la peur (1942) et Quand j’étais jeune (1947).

Rachilde est morte à Paris le 4 avril 1953, à l’âge de 93 ans.

Mélanie Wolfe,

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Paris, lundi 20 mai 2024